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Escalier C, Elvire Murail


Forster cherche.
Comme un enfant qui pousse ceux qu'il aime dans leurs retranchements pour les y trouver.

Le résultat est qu'il se perd peu à peu dans une confusion qui le désarme.

Expert en dialogues effrénés, l'auteur donne un ton théâtral à son roman, qui se noue et se dénoue entre voisins : leur immeuble devient une unité de lieu centrale. Forster est aussi critique d'art : on le suit par ailleurs dans ses pérégrinations dans une galerie, où il décide soudainement d'encenser l'oeuvre d'un artiste.

Sous des airs acerbes, il cherche l'âme sœur et il devient émouvant quand il se persuade qu'il est le dépositaire des dernières volontés d'une vieille dame solitaire et décédée.

On oscille entre déclamations et introspections. De façon assez inattendue, l'auteur nous fait découvrir un personnage complexe qui chemine. Après des errements décrits avec humour, Forster semble prendre la bonne direction : celle qui lui correspond.

Seules les bêtes, C. Niels


Alice vient au secours de paysans embourbés dans leur causse. Certains survivent difficilement sans se douter qu'ils peuvent encore éveiller un quelconque intérêt. Joseph est l'un de ceux-là ; il en arrive à des extrémités morbides qui donnent la mesure de son isolement.

À des milliers de kilomètres de là, de jeunes Africains sont tellement sûrs d'eux qu'ils dilapident le fruit de leur escroquerie en comptant sur la chance pour faire durer leur félicité. Armand est celui qui pousse le cynisme le plus loin.

Cependant, la barbarie  meurtrière prend racine non pas dans ces pauvretés destructrices, mais dans la zone d'ombre, la petitesse, l'espoir fou d'un être ordinaire qui se laisse humilier sans se battre.

L'auteur se montre particulièrement inventif pour imaginer comment ces personnages parviennent à étancher leur soif de contact humain. Il crée une histoire singulière, rocambolesque qui lie des misères insoutenables... même si le plaisir y surgit de façon inattendue, alors même que l'on pourrait penser que tout est fini.