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Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson

Allan a bien rencontré Truman parce qu'il s'y connaît un peu en explosif alors pourquoi ne pourrait-il pas croiser Mao ?
Et puisque que par le plus grand des hasards, il a volé un magot de plus de cinq millions d'euros, pourquoi ne pourrait-il pas le partager avec ceux qui l'aident dans sa fuite ?

L'auteur alterne les tribulations du jeune Allan à travers le XXème siècle et les péripéties d'une aventure qu'il entame le jour de son centième anniversaire.
L'imagination déployée nous entraîne sur différents continents et jusqu'en Himalaya, aux côtés de personnages étonnants, comme ce vendeur de saucisses qui arbore un nombre incalculable de presque diplômes. Les divagations de l'auteur créent aussi et avant tout des décalages savoureux, amenant un humour omniprésent. Il s'amuse. Mais il sait où il va. Dans les derniers chapitres, il parvient même à lier les deux parties de la vie de notre hurluberlu dans un dialogue truculent... Drôle et divertissant, ce livre égrène enfin sans en avoir l'air des références multiples aux personnages qui ont façonné l'histoire occidentale tout en se livrant à une parodie de polar.

Talons aiguilles, Almodovar

Victoria Abril : Rebeca.

Rebeca, fragile, retrouve sa mère Becky, diva acariâtre sur le déclin, après des années de séparation. Elle est mariée à Manuel, ancien amant de la chanteuse, mais son couple bat de l'aile. D'ailleurs, elle se laisse tenter par une aventure torride avec Letal, un travesti.
La mère et la fille tentent de se retrouver mais un évènement vient compliquer la donne : Manuel est assassiné et les deux femmes vont être suspectées, ainsi que la maîtresse du mort.

Beaucoup de drôlerie et d'émotion.
Rebeca est un comme un pale reflet de sa mère, qui s'efforcerait de briller.

Film atypique ni tragédie, ni polar, ni humoristique ou bien tout à la fois.

Le monde de Charlie, Stephen Chbosky

Logan Lermer : Charlie
Ezra Miller : Patrick

Charlie était très proche de sa tante, décédée accidentellement. Fragilisé, il ne parvient pas à trouver sa place dans le lycée où il vient d'arriver. Seuls Patrick et sa demi-soeur Sam, personnages exubérants et décalés, lui témoignent d'emblée de la sympathie. Grâce à eux, il parvient peu à peu à sortir la tête de l'eau. Mais ils découvrent que ses amis, qui lui semblent si surs d'eux, trimbalent en fait des souffrances comparables à la sienne. Des histoires douloureuses.
Tant de malheurs sur trois personnes. Trop ?
Et pourtant, un sentiment de vie se dégage de ce trio attachant. Ils défient leur entourage. Ils prennent des risques - séquence pleine d'émotion debout à l'arrière d'un 4x4 roulant dans un tunnel - mais ces risques sont à la mesure du courage dont ils font preuve.

La part des anges, Claudie Gallay

Chronique de quelques semaines passées à attendre le retour du père.
Pour Carole, son frère Philippe et sa sœur Gaby, rien d'extraordinaire. Depuis leur plus tendre enfance, Curtil annonce son retour par l'envoi d'une boule de verre qui fait de la neige sur un personnage quand on la retourne. Puis se fait attendre.
Alors que Philippe et Gaby habitent leur village natal, Carole vient de la ville et doit reprendre sa place auprès des siens.
Elle passe ses journées à poursuivre son travail de traductrice, à rendre visite à sa sœur dans son mobil home, à renouer avec de vielles connaissances... et à photographier la serveuse du bar.
 
Le style, fragile, apporte une fraîcheur au texte. Et malgré une certaine lenteur, le cadencement, régulier, donne un rythme apaisant à ce livre qui explore avec délicatesses les liens fraternels au sein d'une famille meurtrie.

Je vais bien, ne t'en fais pas, Olivier Adam

Claire ne sait pas que son frère qu'elle chérit, est décédé. Ses parents n'ont pas le courage de lui avouer. Caissière dans un supermarché, elle essaie de vivre avec l'attente de son retour.
Et de rencontrer un homme.

L'auteur nous fait vivre le quotidien de Claire, puis sa décision de se rendre là où son frère, Loïc, lui avait posté sa dernière lettre.
L'écriture, contemporaine, coule simplement.


Avant d'aller dormir, SJ Watson


Christine souffre d'amnésie et consigne dans un journal des bribes de sa vie... qu'elle doit se réapproprier. Le docteur Nash à l'origine de cette initiative la soutient dans sa quête de vérité et lui rappelle -via un téléphone portable- qu'il lui faut chaque matin relire son histoire pour reprendre le fil de sa vie. Car elle oublie tout pendant son sommeil. Cependant, elle ne doit pas en parler à Ben, son mari, qui ne sait rien de cette thérapie. Peu à peu, grâce à des séances avec son jeune médecin et aux questions qu'elle pose à Ben, elle découvre qu'elle a un fils, une amie : Claire, et que son handicap a été provoqué par un accident.
L'enquête avance de façon chaotique, au rythme de la malade et des incohérences remettent plusieurs fois en cause des pans entiers de l'histoire de Christine. Mais les faits revus journellement crée un faisceau de convictions de plus en plus crédibles.
Cependant, ce faisant, Christine plonge aussi dans l'intimité de son couple et elle se rend compte que son mari lui ment. Veut-il seulement la protéger ? La distance qu'elle ressent entre elle et son mari est-elle passagère ? 

L'angoisse de l'héroïne, parfois atténuée par des apparences trompeuses, nous entraîne dans un thriller original, où des évidences surgissent comme des bouées de sauvetage dans l'univers flou de Christine. L'auteur parvient à nous montrer la réalité à travers un prisme particulier, celui d'une amnésique qui reconstruit inlassablement, ce qui crée un malaise mais aussi une nouvelle approche de la réalité.

Le vent de lève, Miyazaki

Le vent se lève, il faut tenter de vivre : devise de Jiro, enfant rêveur passionné d'aviation, inspiré dans ses rêves par Caproni, constructeur d'aéronef, et qui devient à son tour ingénieur en aéronautique. 
Il faut tenter de vivre... Pas facile lorsque l'on a survécu en 1923 au tremblement de terre de Kanto (à l'origine d'une centaine d'incendies... attisés par de vents violents). Jiro aurait pu aussi baisser les bras lorsque le premier avion qu'il conçoit s'écrase lors d'un vol d'essai ou lorsqu'il apprend que la jeune femme qu'il veut épouser est atteinte de la tuberculose. Mais il décide contre vents et marées de vivre à plein jusqu'au dernier souffle de sa bien-aimée. Il parvient ainsi à réaliser un avion, le chasseur zéro, qui deviendra l'avion des kamikazes de la seconde guerre mondiale.

Film riche de références historiques de l'avant-guerre à la seconde guerre mondiale. Miyasaki nous fait ainsi pénétrer dans le proche passé de la société japonaise, plus encore : à travers des clins d’œil répétés à la culture européenne, il crée des liens inattendus entre les deux mondes.
Ce film d'animation décrit avec poésie et humour les plaies d'une vie, la souffrance vécue dignement, mais donne aussi à voir une soif de vie à toute épreuve.