Messages les plus consultés

Ciao bella (extrait 1)


Ingénieur, Benjamin a appris à ses dépens que l'on peut transformer un drone en arme. Suite à sa rencontre avec Stella, une fillette handicapée, il va se battre contre un projet démesuré qui pourrait mettre les populations en danger.

Extrait :
— Une maison au milieu d’une cour d’école. Elle est complètement ouverte. On dirait une fête…
Benjamin tourna la tête vers la fenêtre en souriant.
— De quoi tu parles ? interrogea Stella, étonnée.
Il ne répondit pas. Elle posa alors sa menotte sur sa main tannée.
Le quadragénaire poursuivit sur un ton monocorde :
— A l’intérieur, un tapis rouge emplissait la pièce. Une petite fille m’avait emmené à l’intérieur… une petite fille comme toi, ajouta-t-il.
Stella l’écoutait sans mot dire.
— Je ne m’imaginais pas trouver un tel bijou, au centre de Kefkan. Tu comprends, quand je suis arrivé, j’ai d’abord vu des tas d’immondices…
— Des immondices ?
— Absolument.
— Non, mais des immondices, c’est quoi ? demanda-t-elle, s’impatientant.
Il expliqua :
— Ce sont des déchets. Là-bas, on ne ramasse pas les poubelles.
Il continua :
— Et soudain, des enfants sortaient par une porte. Ils m’ont salué en riant, une fillette est venue et m’a pris la main… On aurait dit une caresse. Et son regard était si doux…
…Qu’il aurait pu réconcilier le monde, songea-t-il. Mais il se sentit idiot de penser cela, et il commenta simplement :
— Un peu plus tard, on m’a appris que ce lieu était une salle de prière où les villageois aimaient se rassembler.

— Et ? pressa la fillette
— J’y repense souvent.
Ses lèvres charnues se pincèrent et une lourde amertume se figea sur son visage.
Il baissa la tête.
Impossible de lui dire que ce pavillon avait été pulvérisé par une bombe lâchée par un drone.
Quant à la fillette…

Maudit soit Habib Khan !
Habib Khan, et son soi-disant projet humanitaire : « Je veux leur faire parvenir des médicaments. En hiver, ils passent parfois une semaine coupés de tout. Ma mère est là-haut, vous comprenez ? »
Le fait d’utiliser un drone en forme d’oiseau lui avait garanti l’impunité.

Et ce drone, il en était… l’inventeur.
— Et pourquoi tu n’y retournes pas ?
Benjamin ne répondit pas.
A cet endroit s’arrêtait ses rêves.
Un homme avait détourné la science de son objet ; pire, il avait utilisé la pointe du progrès contre l’innocent.
Et lui, l’ingénieur, il avait gardé le silence.
La peur.
La honte.

synopsis


manuscrit en-cours