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La confusion des sentiments, Stefan Zweig

Rarement un livre aura aussi bien porté son titre.

D'un côté, l'éveil littéraire d'un étudiant au travers des envolées inspirées de son maître. De l'autre côté, la souffrance de l'homosexualité non assumée. La tragédie s'installe, perdure : on ne lâche pas Zweig comme cela.

Cependant, il me reste un goût amer, peut-être est-ce voulu par l'auteur, je pense que c'est aussi les relents d'une époque : point de compassion pour l'épouse bafouée, reniée et marquée elle-aussi de la honte. Sa souffrance à elle est décrite comme une violence.

Magnifique tragédie, donc, si ce n'est qu'il y a deux poids deux mesures : certaines souffrances ne sont pas assez belles pour être dépeintes comme telles.

Elle et lui : journal d'une rencontre, Angela Ilie et Patrice Chaillan

L'homme qui peut tout, face à la belle qui s'est libérée : un schéma classique à la Pretty woman. Cela fonctionne bien, apportant un peu de rêve à travers une histoire finalement pas si triviale : Olivier surmonte un mal-être généralisé, Sophie ne s'intéresse ni à l'argent, ni au pouvoir de séduction de son prétendant. Au rythme de deux journaux intimes qui se répondent, et de musiques qui trottent dans la tête de leurs protagonistes, les auteurs nous livrent un large répertoire d'émotions, un roman qui fait vibrer le cœur... du bonheur.

avec une idée originale : un accès à une playlist Spotify que l'on peut écouter pour mieux connaître les personnages.

Le parfum de l'héllébore, Cathy Bonidan

Un journal intime fait écho à une correspondance ; une thèse devient un roman - ou vice versa - ; deux romances se ressemblent malgré l'écart des années : l'auteure jongle entre les époques et les styles. Pourtant, l'histoire se tient grâce à un fil ténu, aussi ténu que l'espoir de parents qui luttent contre d'insidieuses maladies psychologiques, et qui ne peuvent que s'en remettre à d'autres pour sauver leur enfant. Parfois la patience paye, parfois l'intelligence du cœur terrasse ces maux invisibles. Parfois, les fêlures sont plus profondes qu'elles n'y paraissent.

On est immédiatement happé par la tragédie qui se joue. Puis, en deuxième partie, le présent refait surface : dans un style plus léger, il est question de joutes amoureuses et d'aventure éditoriale.

L'auteure sait tenir notre attention en haleine en entremêlant des histoires venant de différents horizons. Au centre de ce monde, un autiste se bat dans un centre psychologique comme on aimerait en trouver plus souvent : ici la folie est patiemment repoussée dans ses retranchements, avec bienveillance.