Messages les plus consultés

Tout va très bien madame la comtesse, Francesco Muzzopappa

La comtesse porte un regard condescendant sur son entourage, son fils compris. Certes, il s'est entiché d'une femme dont les intentions sont clairement intéressée. Cependant la quinquagénaire manque cruellement d'instinct maternel. Jusqu'au jour où elle est enlevée et rencontre deux petites frappes qui lui offre l'occasion de secouer son fils.

L'auteur nous offre un personnage haut en couleur, dans la maîtrise de soi et de son environnement. Le défoulement qu'elle s'octroie est truculent. Le faste dont elle est coutumière donne une toile de fond qui permet de planter un décor raffiné, ouvrant, par sa préciosité, la possibilité d'un décalage judicieux : l'humour est présent dès le début du roman et s'intensifie avec le langage fleuri d'un jeune issu de milieux défavorisés aux talents cachés : un tantinet manichéen, ce roman est rafraîchissant. L'histoire est décalée, alerte ; les dénouements donnent le beau rôle à des personnages secondaires rocambolesques. Du beau travail.

La délicatesse, David Foenkinos

Nathalie vit une histoire d'amour sans faille, jusqu'au jour de l'accident mortel de son mari François. Après un passage à vide mortifère, un instinct de survie lui fait embrasser Markus, son subalterne, au grand damne de son patron.
L'histoire comporte peu de rebondissements si ce n'est la rupture brutale du décès de François ; elle se déroule de façon fluide. Nathalie est un personnage un peu conventionnel ; cependant sa rencontre avec Markus, improbable, réveille en elle des ressources inattendues.

L'auteur propose une utilisation décalée de l'annotation et des encarts explicatifs sous la forme de mini chapitres enchâssés, ce qui donne originalité et légèreté à son texte.

Le tout forme une oeuvre littéraire bien ficelée. Un moment de lecture agréable.

Demain, je meurs, Orianne Papin

Un livre très -peut-être trop- court : on aimerait savoir qui a écrit la lettre qui a déclenché la mise en mouvement de ce héros taciturne. Cependant, le rythme est incisif ; l'auteure sait poser son regard sur le détail qui donne vie et humour à un environnement a priori terne. Mignard certes reste engoncé dans ses peurs et une certaine étroitesse d'esprit, mais quel panache quand il refuse les compromis jusqu'à envisager de le payer de sa vie : l'auteure nous le rend sympathique.

Un bon moment de lecture, style moderne et alerte

Ce que murmurent les étoiles, Dominique Durand

Ce que murmurent les étoiles, un titre évocateur et doux. Comme cet espoir indissoluble qui permet à une famille à la fois banale et hors norme de tenir face aux folles aventures qu'elle doit vivre dans un monde étrange.
Les premiers chapitres, aux phrases parfois alanguies, nous permettent de retenir notre souffle avant une action haletante : Will, Mary et leur fille Alli montrent une résistance étonnante face à des épreuves particulièrement rudes et variées qui vont de l'affrontement à des bêtes sauvages à des tentations beaucoup plus subtiles. 

L'auteur nous entraîne dans un récit homérique très imaginatif qui donne une place centrale à la famille. Pour la fin, j'aurais préféré un atterrissage qui réponde au chapitre initial ou à ce titre si poétique mais je reconnais que l'auteur nous offre un retournement très bien construit et tout à fait inattendu.

Un bon moment de lecture !

Le rêve Botticelli, Sophie Chauveau

Le livre, roman et magnifique ouvrage d'histoire de l'art à la fois, nous plonge dans la sensualité de la Renaissance, avec ses contradictions, son obscurantisme et son ouverture à la science. Une période florissante pour les artistes aussi : sous l'égide de bienfaiteurs comme les Médicis, Florence célèbre Botticelli et Léonard de Vinci, vu ici sous sa facette d'artiste. 
On pourrait croire Botticelli libertin mais derrière des apparences de bon vivant, se cache une étonnante fidélité et une flamme qui le dévorera quand son amant le quittera. Plus tard, il espère retrouver une félicité auprès de sa filleule bien-aimée ; malheureusement l'impossibilité pour lui de se donner à un enfant le prive de ce bonheur.

Reste son art, de plus en plus reconnu, par des grands de ce monde. Et une forme d'amour de la vie, malgré sa mélancolie.

L'auteure donne vie à un monde vieux de plus de cinq siècles. On assiste à l'éclosion de tableaux célèbres : la Joconde, finalement, subrepticement.
Botticelli s'incline devant le génie de son ami.