Messages les plus consultés

Né de la cuisse gauche, Valérie Joffroy

Salvator fugue, sombre dans la précarité, adopte un chien et est recueilli par un cafetier qui peine à élever seul sa fille.
L'auteure a créé tout un univers de possible autour de ce jeune en perdition. Reine, une vieille dame qu'il rencontre dans le bar devenu son nouveau foyer, en constitue le point d'orgue. La relation fusionnelle qui s'établit entre eux est un peu étonnante, mais elle permet de bifurquer vers une nouvelle histoire dans un lieu gorgé de soleil et de coutumes.

On sent un élan dans ce roman. 
Une auteure à suivre, prometteuse.

Le discours, Fabrice Caro

L'auteur transforme un simple repas dominical en un parcours de combattant de l'amoureux transi. Le texto qu'il vient d'envoyer tente peut-être sa dernière chance. Alors, a-t-il utilisé les bons mots, la bonne ponctuation ?
Ses inquiétudes se mêlent au monologue verbeux de son beau-frère. L'auteur joue avec dextérité avec ces sujets qui en imposent mais interdisent tout échange.
En revanche, j'ai regretté de ne trouver aucune tendresse derrière le jus d'orange solution miracle de la mère, ou les clins d'œil jugés pathétiques du père.
Après avoir critiqué la vanité de tout échange, le livre s'éteint sur un monde creux. Avec humour certes.
Un moment de détente.

Le choix du roi, Solène Bauché

Nous découvrons le roi Charles amoureux dans un lointain passé. Sa violence, dont il est plus ou moins exonéré par le poids de sa fonction, n'apparaît que progressivement. 
Pas facile de se mettre dans sa tête.
Heureusement, l'auteure nous offre deux autres points de vue, un frère et sa sœur, deux personnages qui attirent la sympathie et nous entraînent dans des aventures mouvementées, avec une pointe de mystère qui couronne le tout. Contrairement à beaucoup de lecteurs, j'ai eu du mal à passer d'un point de vue à l'autre. En revanche, j'ai apprécié les intermèdes. Quoi qu'il en soit, la construction est originale et on se laisse prendre dans ce roman, les histoires s'emboîtent, parfois quelques longueurs, des flash-backs surprenants, mais le tout forme un ensemble abouti. 

L'auteure nous offre une immersion dans un univers historique dépaysant. De surcroît, elle aborde aussi des thèmes plus profonds sur les liens de famille notamment.
Une belle découverte.

Le charmeur de mouette, Ami Bouganim

Mogador, cité du vent, est l'ultime demeure de sa mère : après son décès, un avocat amer se rend vers sa tombe, pour mieux comprendre ce qui a pu l'arracher à ses origines. Son départ de Paris, où ils ont vécu tous les deux, devient une véritable quête initiatique.
À destination, un mystérieux personnage, dompteur de mouette, l'intrigue. Est-il mendiant ou prince ?
La poésie nous berce dans ce lieu chargé d'histoire, traversé de touristes et de résidents enracinés depuis plusieurs générations. La chute donne corps à ce personnage, il saisit une opportunité, enfin il prend en main son histoire.
Une lecture atypique.

Sept jours au Mazet-St-Voy, Yves Montmartin

Chapeau bas.
Cher lecteur, vous allez naviguez dans un décor de théâtre avec délectation : l'heure est au crime, les nouvelles prennent place dans l'ambiance tamisée d'un coin de feu.
Le narrateur est traité avec art, il est à la fois proche du lecteur et de son ami Germain.
Nous découvrons en parallèle des histoires originales, bien campées dans la vie de tout un chacun, et le récit de cette amitié.

La construction est une création en elle même, je vous laisse la découvrir.